Le blogue du CNJPQ

Post-Mortem

L’élection fédérale terminée, tous les partis politique ont fait leur post mortem. Au Québec, avant les quelques circonscriptions qui ont changée de mains, le fait marquant est sans aucun doute la qualité des résultats du Bloc Québécois. En effet, les sondages indiquaient, il y a quelques moins, de grandes possibilités de gains pour le Parti Conservateur. Pourtant, le Bloc Québécois a progressivement repris sa place pour prouver, une fois de plus, l’incongruité de la situation Québec-Canada.

Il y a lieu de s’interroger de la raison de ce retournement de situation. Plusieurs pointeront la ligue de protestation contre les politiques conservatrices, les fameux «États-Unis de Georges W. Bush». Comme il s’agirait d’un vote de protestation, les gens se sont réfugiés dans les bras du Bloc québécois. Ainsi, les coupures en culture et la modification du code criminel auront été des preuves du conservatisme néo-libéral du gouvernement.

Bien que les Québécois soient sans doute plus progressistes que les Canadiens, il ne s’agit pas de la meilleur explication de la déconfiture conservatrice. La meilleure explication est au niveau identitaire. Le premier exemple est le dossier des coupes en culture. Le point culminant de cette saga? Le maintenant très fameux clip de Michel Rivard et ses collègues, amplement diffusé sur you tube. Le clip présente un Québécois incapable de recevoir les subventions nécessaires à cause des disparités culturelles et langagières. Les Québécois ont donc compris que le débat n’était pas autour du salaire des artistes, mais bien de l’identité.

Le second exemple est le durcissement des sanctions pour les jeunes contrevenants. Bien sûr, cette modification pénale est abjecte et irrationnelle, sans doute motivée par la seule idéologie conservative. Mais dans les faits, l’application est extrêmement rare. Pourquoi un tel tollé? Parce que les Canadiens essayait de nous imposer une loi qui allait à l’encontre de notre modèle, la Loi sur les jeunes contrevenants et nos politiques jeunesses, des plus efficaces en Amérique du Nord. On venait à l’encontre non seulement de nos valeurs, mais de notre consensus social, notre modèle, notre réussite auprès des jeunes.

Comme quoi notre identité est forte. Comme quoi notre identité n’est pas prête de cesser de se renouveler. Comme quoi notre identité est appelée à davantage de liberté.

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