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Operationdialogue.ca, ou comment gaspiller l’argent des contribuables dans une loterie injuste

Depuis quelques semaines, on annonce une nouvelle bourse d’études dans les universités du Québec. Pour gagner un prix en argent pour leurs études, les étudiants doivent répondre, via un site web, à des questions canadiennes. Ce site offre également l’opportunité aux étudiants de naviguer dans des rubriques sur l’histoire canadienne, en plus de leur offrir un éventail du web gouvernemental canadien, en passant par le site des Forces canadiennes à celui d’Environnement Canada. Pour le Comité national des jeunes du Parti Québécois, ce programme, inutile et insignifiant, soulève trois problématiques majeures.

Premièrement, sous la façade d’un organisme sans but lucratif, il importe de mentionner qu’Opération Dialogue est, en bonne partie, indirectement financée par des ministères fédéraux comme Patrimoine Canada. Comme souverainistes, il est déjà difficile de voir le gouvernement fédéral faire la promotion de l’identité canadienne avec les taxes et les impôts des Québécois; imaginez lorsqu’on le fait par le biais de nos universités! Le problème, c’est qu’on amène des étudiants qui cherchent à boucler leur budget à répondre, pour avoir la chance de gagner une bourse, que Céline Dion est une grande chanteuse canadienne et Armand Bombardier, un grand inventeur canadien. Patriotisme et aide financière se conjuguent plutôt mal à notre goût.

Deuxièmement, le fédéral doit modérer son « pouvoir de dépenser », pouvoir qui constitue une véritable machine à broyer nos compétences. Même si l’éducation est de compétence provinciale, rien n’empêche le fédéral de prendre notre argent afin de dépenser selon ses priorités dans ce domaine. Si le Québec s’efforce de financer adéquatement un régime d’aide financière aux études, les impôts sont tout de même dépensés à Ottawa selon la priorité du patriotisme et non de l’accessibilité aux études. Si ce programme n’implique pas énormément de fonds, il ne faut pas se gêner de rappeler les bourses fédérales aux études supérieures et les subventions aux chaires de recherche. Bout à bout, les programmes fédéraux enlèvent un pouvoir substantiel à Québec dans le domaine de l’éducation.

Troisièmement, il faut savoir que les déficits gouvernementaux actuels menacent les dépenses et, conséquemment, les programmes québécois d’aide financière. Parallèlement, les frais de scolarité et les frais afférents ne cessent d’augmenter. Grossièrement, on peut dire qu’on a le choix entre deux endroits où envoyer notre argent : un programme canadien de formation ou un programme qui aide les moins nantis à accéder aux études postsecondaires. Tous les programmes basés sur le pouvoir du fédéral de dépenser des sommes dans nos compétences, que l’on retrouve surtout en santé et en éducation, finissent par dédoubler nos structures et nous faire rater nos objectifs nationaux. Il faut que le fédéral abolisse ses subventions aux organismes qui usent d’un patriotisme avoué et qui gaspillent des fonds précieux en des temps plutôt sombres.

Isabelle Fontaine, Présidente du Comité national des jeunes du Parti Québécois

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