Le blogue du CNJPQ

Les libéraux nuisent à la qualité de l’éducation au Québec

UQAM - Université du Québec à MontréalIl y a maintenant 2 ans, les professeurs de l’université du Québec à Montréal (UQAM) entamaient les premières négociations avec la direction de l’université afin de renouveler leur convention collective. Des revendications claires et des demandes simples, certes dans certains cas pour améliorer leurs conditions de travail, mais surtout pour améliorer la qualité de l’enseignement général qu’offre l’UQAM.

D’abord, l’UQAM est l’université qui accueille le plus grand nombre d’étudiants au  Québec, c’est aussi  l’université où l’on trouve le moins de professeurs par rapport au nombre d’étudiants, soit 41 étudiants par professeur alors que cette proportion s’établit à 35 étudiants par professeur à l’UQTR et à 28 à l’UQAT. Ceci équivaut à dire, que pour le même coût, les étudiants de l’UQAM reçoivent moins d’encadrement, moins de suivis et moins d’attention, que les étudiants des autres universités. En ce sens, il faut davantage considérer la demande d’embauche de nouveaux professeurs qui s’est butée à une fin de non recevoir lors de la dernière offre patronale. En effet, l’offre proposait l’embauche de 25 nouveaux professeurs alors que 30 professeurs quitteront cette année pour leur retraite. Il est de notre devoir collectif de s’assurer que la qualité de l’enseignement à l’université « publique » soit aussi bonne que celle que nous retrouvons ailleurs.

Ajouter à cette situation, la rémunération offerte aux professeurs, qui est largement inférieure à celle des professeurs de toutes les autres universités. En effet, les professeurs de l’UQAM gagnent 10 % de moins que la moyenne des professeurs au Québec et 5 % de moins que les professeurs du reste du réseau UQ. Dans cette situation, il apparaît clair que les conditions de travail n’attireront pas les meilleurs enseignants, ce qui aura un impact considérable sur la suite.

Les libéraux, par les choix qu’ils ont faits, ont eux-mêmes créé la situation dans laquelle ils se trouvent aujourd’hui. D’abord, ils ont accordé davantage de subventions dans des domaines précis, qui sont quasi inexistants à l’UQAM, tels qu’en administration, en génie et en médecine. Ils ont également prévu des sommes pour la spécialisation des universités en région, mais n’ont pas planifié la situation économique de l’UQAM.  À titre d’exemple, le financement public de l’UQAM s’élève à près de 400 millions alors que celui de McGill se chiffre à près de 850 millions, et ce, même si les deux universités ont 20 000 étudiants temps pleins.

De plus, le financement de l’UQAM est largement tributaire de la subvention du MELS, les fondations privées étant quasi inexistantes dans les universités francophones québécoises. Il est important d’ajouter également que les programmes d’études offerts par l’UQAM permettent rarement à ses étudiants d’obtenir des subventions de recherche allouées par le gouvernement fédéral, dont les choix d’investissement sont de plus en plus ciblés.

En 1997-98, le fonds d’immobilisations de l’ensemble des universités au Québec était assumé à 65 % par la subvention du MELS alors que 20 % provenait du fonds local d’opération pour le fonctionnement. Aujourd’hui, pour l’ensemble des universités québécoises, 45 % des sommes du fonds d’immobilisations proviennent du MELS et 45 % du fonds local d’opération pour le fonctionnement. Dans le cas de l’UQAM, le fonds d’immobilisations est financé à près de 65 % par le fonds local d’opération pour le fonctionnement de l’université. Cela signifie que l’UQAM est affectée de manière encore plus directe que les autres institutions lorsque survient une diminution du financement public.

La solution à cette situation difficile passe forcément par un réinvestissement majeur d'au moins 400 millions de dollars dans le réseau universitaire québécois. Ce montant permettrait à tout le moins de couvrir le sous-financement de nos institutions d’enseignement supérieur. Une fois cet investissement réalisé, l’UQAM pourrait diminuer la part de son budget local d’opération pour le fonctionnement qui supporte actuellement le fond d’immobilisations et ainsi se dédier à sa mission première de formation en procédant à l’embauche de professeurs qualifiés, en plus de leur offrir une rémunération à la hauteur de leur talent.

L’UQAM est une université directement en compétition avec les autres grandes universités de recherche que sont l’Université de Montréal, l’Université de Sherbrooke, l’Université McGill et l’Université Laval. La vocation sociale, dont elle a héritée, fait de l’UQAM une université à l’avant-garde sur la recherche dans plusieurs domaines. Pour qu’elle garde ce statut d’excellence dans ces domaines, nous nous devons de prendre nos responsabilités. En terminant, soulignons que si le Québec souhaite réellement être compétitifs sur la scène internationale, nous nous devons de miser sur l’éducation et d’opter pour la culture du savoir et de l’innovation.

Le gouvernement libéral a manqué à sa responsabilité dans les années dernières en n’exigeant pas l’indexation, au coût de la vie, des transferts fédéraux en éducation postsecondaire. Et ce, sans parler, des bourdes de l’ancien ministre de l’Éducation, Jean-Marc Fournier, qui a fait de l’îlot voyageur; une catastrophe. Aujourd’hui, les libéraux récoltent ce manque de prévision et de vision pour le Québec, et font payer la note aux professeurs et aux étudiants.

Si nous ne faisons rien, ce sera tout le Québec qui paiera pour le manque de considération du présent gouvernement. Allez, chers collègues, prenons la rue en défense de notre droit légitime à une éducation de qualité et mettons de la pression sur le gouvernement libéral pour que, certes ce conflit se règle rapidement, mais surtout pour les enseignants de l’UQAM obtiennent gain de cause.

Marc-Antoine Cloutier

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D'un autre coté, ce n'est pas

D'un autre coté, ce n'est pas vraiment différent dans le reste du Canada...Quelle est la part de la volonté Canadian et celle de l'idéologie néo-libérale du travailleur payeur?

Merci de faire connaître au

Merci de faire connaître au grand public cette autre injustice délibérée infligée au Québec par le gouvernement canadianisant.

Ceci confirme que ces gens attaquent notre peuple en l'appauvrissant économiquement, bien sûr, mais aussi intellectuellement par l'oblitération des médias et la défiguration de l'éducation. Tout est en place pour bâillonner les Québécois dans l'ignorance et l'indifférence.

La grenouille dans son bain, que l'on porte progressivement vers l'ébullition. Reste-t-il suffisamment de wawarons conscients, (comme vous) à l'extérieur du bain pour nous inciter à faire le saut redempteur en dehors de ce bain funeste?

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