Le blogue du CNJPQ
L’UQÀM, c’est NOUS!
Il
n’y a pas si longtemps il y avait beaucoup de débats sur le « nous » au Québec. Hors, qu’on fasse une distinction ou non entre un nous historique et un nous actuel, il y a un débat qui actuellement devrait nous interpeller « nous tous ». L’UQÀM, c’est NOUS! C’est le nom de la mobilisation de la communauté de l’UQÀM qui veut afficher sa solidarité dans la situation actuelle de sous-financement de notre université, qui commence à lui nuire tant au niveau du campus (Îlot Voyageur) et de la recherche (désavantage structurel par ses spécialités) que de l’enseignement (salaire et surtout taux d’élève par classes). L’UQÀM fut construite vers la fin de la Révolution Tranquille, sous les pressions populaires demandant une diversité au niveau de l’offre d’éducation supérieure en français à Montréal. Alors que l’éducation fut au centre de cette révolution culturelle et sociale, la création du réseau des Universités du Québec et de l’UQÀM particulièrement en fut en quelque sorte l’accomplissement final. Bâtie au centre d’un quartier pauvre afin de le revitaliser, accueillant la cohorte étudiante sortant des premiers cégeps de Montréal, la même jeunesse qui a vécue les bouleversements de ces années, elle devint le symbole du système public d’éducation.
Que de grands intellectuels voulant œuvrer à la continuité de ce courant idéologique soient membres de la communauté universitaire est une évidence. J’aimerais cependant aussi souligner que l’UQÀM n’est jamais tombée dans le dogmatisme et a toujours été un espace de dialogues et de débats. On peut noter que Pierre Fortin, des Lucides, Mathieu Bock-Côté, sociologue à contre-courant de par son conservatisme ou Yves Séguin, ancien ministre des Finances libéral reconnu pour sa rigueur budgétaire, en sont membres. Joseph Facal y a fait son baccalauréat en science politique et bien qu’il soit péquiste on ne peut pas dire qu’il ne remet pas en cause à certains niveaux la Révolution Tranquille. Si vous trouvez que ce n’est pas assez sachez que Maxime Bernier y a aussi étudié… Que le gouvernement libéral soit capable d’envisager une loi spéciale, nous n’en doutons pas. Il a prouvé plusieurs fois par le passé qu’il était capable de supprimer les droits des travailleuses et travailleurs au service de l’État pour leur imposer des conditions salariales leur permettant de peut-être compenser leurs déficits. La loi 142 en fut un bon exemple, qui a imposée une simple indexation des salaires à la fonction publique en échange d’une interdiction de grève jusqu’en 2010 et des amendes aux syndiqués qui oseraient défier cette loi. Alors qu’ils prônent la productivité et les salaires compétitifs dans le privé, ils prônent l’inverse dans le public avec des charges de travail contre-productives assorties de salaires modestes. Est-ce que ce serait qu’ils aiment voir un secteur privé efficace opposé à un secteur public surchargé et inefficace? S’ils ne veulent pas en revenir au coup de force de la loi 142 en début de mandat, où vont-ils aller chercher leur argent pour les prochaines années? Pourquoi ne pas s’en prendre cette fois-ci à cette université déjà mal-aimée et n’ayant pour eux aucun potentiel électoralement parlant? La communauté est combative et ne se laissera pas faire. Contrairement à la loi 142, le gouvernement ne pourra pas justifier cet acte anti-démocratique par la sauvegarde des services à la population puisque dans ce cas-ci les seuls affectés sont les étudiants et qu’une bonne partie d’entre eux appuie la grève. Malgré tout, nous ne pourrons résister indéfiniment si c’est dans l’indifférence populaire. Je pense donc que le choix de ce nom pour notre mobilisation est très approprié car en plus de dire que l’UQÀM c’est sa communauté, il envoi le message que l’UQÀM c’est aussi le Québec. J’invite donc tous mes concitoyenNEs à s’informer et se sensibiliser à la situation de cette institution importante au sein de notre société afin que la solidarité pour l’UQÀM s’étende au-delà de ses murs, dans le Québec tout entier. Louis-Joseph Benoît



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