Le blogue du CNJPQ

Tout peut changer!

Dimanche dernier, la Chef du Parti Québécois, accompagnée par Pierre Curzi et Jonathan Valois, a présenté la nouvelle démarche du Parti Québécois pour réaliser la souveraineté: le Plan pour un Québec souverain.

Vous pouvez regarder la présentation de Pauline Marois ici.

L'essence de ce plan est d'obtenir toujours plus de liberté pour les Québécois, jusqu'à la souveraineté. Il faut d'abord occuper tous les pouvoirs qui nous sont dévolus actuellement et que le Québec néglige.  Nous n'avons pas d'hymne national, de constitution ou de citoyenneté propres au Québec.  Un gouvernement du Parti Québécois pourra y remédier. 

Il faut ensuite faire sortir le gouvernement fédéral de ce qui ne le regarde pas. En santé, en éducation, en famille, le gouvernement du Canada s'ingère et prend des décisions qui ne sont pas toujours conformes avec les aspirations des Québécois.  Un gouvernement du Parti Québécois pourra y remédier. 

Le Québec partage aussi des champs de compétence avec le gouvernement fédéral: immigration, agriculture, communications, environnement, etc. Nous croyons que ces dédoublements ont assez duré. Si les Québécois veulent être indépendants du pétrole (parce que le Québec n'en produit pas) ou légiférer sur la concentration de la presse, nous aurons besoin de contrôler ces pouvoirs. 

Finalement, il va falloir aussi rapatrier des pouvoirs qui sont présentement exclusivement fédéraux. Nous sommes souverainistes. C'est donc évident que nous voulons à terme le rapatriement de TOUS les pouvoirs fédéraux.  Mais certains ne peuvent pas attendre la souveraineté.  Prenons l'exemple de la Caisse d'assurance emploi.  Ça fait maintenant 10 ans qu'au Québec il existe un consensus pour bonifier la caisse et soutenir les femmes, les jeunes et les travailleurs saisonniers.  Même l'Assemblée nationale est unanime à demander l'abolition du délai de carence dans le contexte de crise économique. Mais comme la Caisse est fédérale, nous ne pouvons rien faire.  Nous devrions donc la rapatrier afin d'aider rapidement nos concitoyens qui souffrent de la crise.  Impossible?  C'est pourtant exactement ce que nous avons fait avec le congé parental: rapatrier une partie de la caisse d'assurance emploi fédérale pour bonifier un régime existant. Et c'est Pauline Marois qui l'a fait!

Certains ont critiqué le Plan pour un Québec souverain parce qu'il était trop radical de faire la souveraineté par la porte d'en arrière.  D'autres l'ont critiqué parce que c'était de l'autonomisme et un retour à l'affirmation nationale.  C'EST NI L'UN, NI L'AUTRE!

C'est simplement un plan qui répond à deux questions que les souverainistes se posent depuis 1995:

1- Comment fait-on pour convaincre les Québécois que la souveraineté est un bon projet pour le Québec?

En prêchant par l'exemple. Plus on accroît la liberté des Québécois, avec leur accord, plus on montre que le projet souverainiste est démocratique et fait grandir le Québec. 

2- Qu'est-ce qu'un gouvernement du Parti Québécois fait en attendant un référendum?

Il gouverne en souverainiste! Nous ne pouvons pas attendre les bras croisés que le fédéral empiète encore plus sur nos plate bandes.  À la fin de son mandat, un gouvernement du Parti Québécois aura tout fait pour faire augmenter la liberté et les pouvoirs des Québécois.

D'accord, pas d'accord?  Vous avez des questions?  La parole est à vous!

Qu'est-ce que t'en penses?

[...] souverain n’est nul

[...] souverain n’est nul autre que le plan pour préparer le terrain. Le CNJPQ a d’ailleurs publié un billet fort pertinent sur le [...]

J'ai très apprécié l'idée de

J'ai très apprécié l'idée de remettre le plan souverainiste sur la table la prochaine étape sera le pouvoir et en se temps nous ferons le prochain référendum gagnant

La gouvernance

La gouvernance souverainiste

Julien Gaudreau (entrevue réalisée en mars)
Le Québécois, vol. 9 #2 (mai / juin 2009)

Le député du Parti Québécois responsable des affaires intergouvernementales, Alexandre Cloutier, a prononcé à l’Université Laval le 25 mars 2009 une conférence sur la nouvelle doctrine d’accession à la souveraineté du Parti : la gouvernance souverainiste. Après l’élimination contestée de l’obligation de tenir un référendum du programme du Parti Québécois, l’équipe de direction du PQ a annoncé une nouvelle approche en vue de faire du Québec un pays souverain. Jusqu’à récemment toutefois, cette doctrine restait assez floue, peu de personnes à l’intérieur même du parti étant en mesure de l’expliquer clairement. La conférence de M. Cloutier vint donc apporter des réponses nécessaires à plusieurs questions qui restaient en suspens dans la tête de beaucoup de militants. Selon M. Cloutier, l’actuelle démarche du PQ comporte plusieurs éléments.

D’abord, le PQ constate que des champs de compétences déjà octroyés au Québec, ainsi que des juridictions partagées avec le gouvernement fédéral, ne sont pas complètement occupés par le gouvernement du Québec. Un Parti Québécois au pouvoir tenterait de prendre des mesures pour les occuper. Il s’agirait, pour un éventuel gouvernement péquiste, de mener un vigoureux combat pour récupérer les pouvoirs qui sont les nôtres selon la constitution de 1867. Cela passerait par des rondes de négociation avec le gouvernement fédéral et les autres provinces dans l’optique d’en obtenir plus pour les Québécois. Le député voit dans cette démarche un moyen d’aller chercher des gains concrets pour le Québec si les négociations vont bien, et de démontrer aux Québécois la rigidité du gouvernement fédéral face aux demandes considérées comme légitimes par le Parti Québécois si les négociations échouent.

Les demandes de nouveaux pouvoirs seraient ouvertement illimitées, et excluraient une éventuelle signature de la constitution de 1982. C’est la stratégie du fromage : « Quand les Québécois vont gruger le fromage, ils vont vouloir le morceau au complet » parie le député. Dans l’optique de constituer un rapport de force suffisant pour obtenir du fédéral des concessions sur des sujets précis, M. Cloutier n’exclut pas le recours aux référendums sectoriels, tel que proposé par Jean-François Lisée dans son livre Sortie de secours, paru en 2000. Pour ce qui est de faire l’indépendance du Québec en tant que tel, le député affirme que le PQ restera à l’affût d’une bonne occasion de lancer un référendum sur l’indépendance, occasion qui pourrait venir d’un éventuel refus du fédéral de négocier l’élargissement de certains pouvoirs provinciaux.

position de Julien Gaudreau Il va sans dire que je ne suis pas contre le fait d’abroger l’obligation de tenir un référendum. Une telle obligation est tout simplement antistratégique. Cependant, cela ne devrait pas dispenser le Parti Québécois d’avoir en poche une stratégie sérieuse, autant pour ses militants que pour son aile parlementaire, autant pour son opposition que pour son éventuel gouvernement, axé sur l’élargissement concret du pouvoir d’action de l’État québécois jusqu’à son indépendance totale. À mon avis, la position stratégique de M. Cloutier est lacunaire à plusieurs niveaux. Tout d’abord, il faut constater que le Parti Québécois ne s’inscrit toujours pas dans une dynamique de rapport de force face au gouvernement fédéral. Les déclarations rapportées récemment de Jean Pelletier qui affirmait sans gêne que « dans une guerre, on ne compte pas le prix des balles » en faisant référence au comportement des hautes instances fédéral lors du référendum de 1995 devraient pourtant lui avoir mis la puce à l’oreille. Le gouvernement fédéral est en guerre, la haute bourgeoisie est en guerre, les laquais fédéraux de Québec sont en guerre. La permanence du parti doit avoir des murs épais pour ne pas entendre leurs bombes idéologiques éclater dans nos journaux chaque matin. Cette guerre est d’ordre politique, mais n’en est pas moins réelle. Nos adversaires ont prouvé maintes fois qu’ils sont prêts à aller jusqu’où il faudra pour obtenir la victoire.

À cette détermination farouche, notre parti phare répond par une stratégie naïve et bonnententiste, basée sur une « pédagogie populaire » et des demandes adressées au gouvernement fédéral comme on commande un thé. Pour être sérieux, le Parti Québécois devrait préférer la légitimité démocratique québécoise à l’ordre constitutionnel canadien. Les leaders péquistes affirment généralement sans réserve que la constitution initiale de 1867 a été maintes fois bafouée par le gouvernement fédéral et que le rapatriement de 1982 était aussi illégitime qu’antidémocratique. La constitution canadienne a été rédigée par une majorité étrangère, modifiée par une majorité étrangère, interprétée par des juges d’une majorité étrangère et de surcroît adoptée par le premier ministre d’une autre nation. Que leur faut-il de plus ?

Être indépendantiste, c’est contester cet ordre. Le PQ a raison quand il affirme que dans plusieurs domaines, les Québécois veulent plus de responsabilités pour leur gouvernement national. Il a raison encore quand il voit dans cette volonté un moteur potentiel vers l’indépendance. Il a toujours raison de s’indigner quand il voit le gouvernement fédéral légiférer dans nos juridictions attribuées selon sa propre constitution ! Cependant, il devrait faire le constat que si le gouvernement fédéral ne respecte pas sa propose constitution, ce n’est sûrement pas au gouvernement du Québec à le faire, encore moins à un gouvernement souverainiste !

Que le PQ respecte la volonté démocratique des citoyens québécois et renvoie unilatéralement le lieutenant gouverneur. Qu’il institue une vraie constitution nationale, telle que la voudraient les Québécois. Qu’il crée une citoyenneté québécoise s’articulant autour de l’idée que le français est la langue nationale du Québec. Le Parti Québécois ne devrait pas tenir en compte de la constitution canadienne s’il peut compter sur l’appui du Québec sur un enjeu. Le gouvernement fédéral a envahi nos juridictions, a adopté une constitution sans nous le demander, couper des transferts de fonds unilatéralement. Faisons au moins aussi dur qu’eux. Poussons-les à défendre ce que nous jugeons indéfendable. Arrêtons de gruger le fromage, mordons plutôt la main qui le tient. C’est une guerre.

Au fond, le jour du prochain

Au fond, le jour du prochain référendum, les québécois seront pratiquement devant un fait accompli. Le Québec sera déjà, pour plusieurs dossiers, libre de ses choix et capable de gérer l'État. Il ne restera plus qu'a aller chercher l'ensemble de nos moyens financiers et la reconnaissance de l'ONU en tant que pays souverain.

J'aime bien ce plan, par contre, nous devront toujours continuer à éduquer la population sur l'importance de la souveraineté (en rapatriant des pouvoirs, certains pourraient trouver un certain "confort" dans cette fédération canadienne, la souveraineté est avant tout une affirmation nationale et pas seulement une question d'$ et de pouvoir) et ne pas avoir peur de confronter le fédéral (il ne lâcheront pas facilement prise)!

D'ailleurs sur ce deuxième point, il faudra plus que jamais, que le Bloc et le PQ mettent leurs efforts en commun.

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