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Quartier libre : « Charest sape la jeunesse - Abolition du Conseil permanent de la jeunesse »

Article paru le 14 avril 2010 dans Quartier libre, le journal indépendant des étudiants de l'Université de Montréal

Le dernier budget provincial a été un véritable moteur à controverses. Dans le domaine de l’éducation, stupeur : le Conseil permanent de la jeunesse (CPJ) y a appris, à son grand étonnement, son abolition future.

Le 30 mars dernier, le gouvernement provincial du Québec a annoncé dans son plan budgétaire 2010-2011 qu’il allait abolir 28 organismes, fonds et sociétés dont il avait la charge. Parmi ceux-ci, le Conseil permanent de la jeunesse, dont le mandat était « de conseiller le gouvernement du Québec sur toute question relative à la jeunesse. » Il veillait également à « promouvoir et à défendre les intérêts des jeunes », selon un communiqué du Conseil.

Étonnement et indignation

La décision n’a pas manqué d’étonner plusieurs organismes au Québec, à commencer par le CPJ lui-même, qui a appris la nouvelle le jour même sur Internet. Selon le Conseil, « l’abolition est davantage d’ordre politique que purement économique  ». Geneviève Dallaire, présidente du Conseil, s’explique : « nous sommes les chiens de garde du gouvernement, pas étonnant qu’ils veulent nous faire taire [sic] ». Le Conseil agit selon ses propres dires en tant que conseiller « indépendant et non-partisan » auprès du gouvernement.

Pour Alexandre Thériault-Marois, président du Comité national des jeunes du Parti québécois, cette abolition impromptue montre que « les recommandations du CPJ n’étaient pas prises au sérieux, et que le Conseil, et donc la jeunesse en général, ne faisaient pas partie des priorités du plan d’action libéral ». De son coté, le représentant de la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec, Julien Gagnon, pense que « le ministère a vu une sorte de dédoublement de structure entre le CPJ et les autres organismes gouvernementaux de jeunesse ». Toujours selon ce dernier, « ces autres organismes sont aussi à même de recommander le ministère sur les différents enjeux qui touchent les jeunes. »

Réponse du gouvernement québécois

Le gouvernement Charest s’est justifié sur ses choix politiques en parlant de gain d’efficacité. Dans une entrevue accordée au Soleil, la présidente du Conseil du trésor au gouvernement québécois, Monique Gagnon- Tremblay expliquait : « ce que je sais, c’est que cette trentaine d’organismes ou de fonds spécialisés ne produira pas de rapport annuel l’an prochain. » Il faut dire que parmi la trentaine d’organismes abolis par le nouveau plan budgétaire, certains n’avaient en effet plus vraiment de raison d’être. Par exemple, le Fonds de l’industrie des courses de chevaux.

Les missions et objectifs du CPJ et des autres organismes seront aussi relégués à différents ministères. Alexandre Thériault-Marois déplore cette idée : « même si on réaffecte les objectifs de ce Conseil sur des ministères, le travail effectué ne sera jamais aussi poussé que dans un Conseil à part entière ». Le Conseil permanent de la jeunesse publiait notamment de nombreuses études sur la jeunesse, ayant pour sujets l’homophobie, la prostitution ou encore l’emploi atypique.

Aujourd’hui, le CPJ refuse son abolition et se bat pour survivre. Une pétition a été mise en ligne, ainsi qu’un groupe Facebook. La « voix des jeunes » ne semble pas encore prête à se taire.