Le blogue du CNJPQ

Falardeau aura réussi

Karina Maryse Auger, conseillère au comité national des jeunes.

«Moi, ce que j’espère toujours, c’est qu’un jeune, quelque part dans un cégep, voit mon film et que, dans les semaines qui suivent, il se mette à lire pour en savoir plus et qu’il avance.»

                                                                                                                                               - Pierre Falardeau
 
Mes parents sont souverainistes. Plus jeune, j’ai toujours entendu parler de souveraineté, du Parti Québécois, de Lévesque, de Bourgault ou de Parizeau comme de grands hommes. Moi, quand j’ai commencé à me poser des questions, je devais avoir treize ou quatorze ans, pas vraiment plus. J’avais entendu parler, je ne sais plus trop comment, des patriotes. Toujours aussi curieuse, je m’étais mise à poser des questions. Un jour ma mère m’a dit : «Tu sais ce qu’on va faire?» Non, je ne savais pas.

Nous sommes allées dans un club vidéo, sur Sainte-Catherine. Après avoir passé au moins quinze minutes à tourner en rond, à chercher je ne savais trop quoi, ma mère a demandé au commis s’il avait le 15 Février 1839, de Pierre Falardeau. Il l’a regardée avec un drôle d’air, a fait une recherche dans son mystérieux répertoire informatique et, sans rien dire, s’est enfoncé dans la dernière rangée du commerce, où nous l’avons suivi. Il a cherché longtemps, lui aussi…dans la section des films étrangers, où se trouvaient d’ailleurs tous les films québécois… Je comprends que nous ne l’eussions pas trouvé plus tôt. Déjà, j’étais passablement indignée. Le commis, visiblement contrarié de tout le temps investi pour notre requête, a fini par nous tendre un boîtier, sombre, sur lequel était représenté un nœud coulant. C’était intrigant. 

Ma mère et moi sommes rentrées avec le précieux film et avons consacré notre soirée à son visionnement. Jamais auparavant, je n’avais réalisé l’ampleur du drame qu’avaient vécu mes ancêtres. Jamais je n’avais réalisé que les injustices dont je commençais à peine à prendre conscience prenaient racine aussi loin. Je me doutais que l’œuvre fut subjective : l’art est subjectif. Mais le film de Falardeau incarnait des convictions si sincères, qu’il était inévitablement touchant, déstabilisant. Assez, du moins, pour susciter en moi un intérêt encore plus vif, non seulement pour l’art et pour l’histoire, mais pour la politique.

J’ai beaucoup lu, ensuite. Des livres d’histoire, notamment sur les patriotes, les correspondances de Thomas de Lorimier, le rapport de Durham… J’en suis peu à peu arrivée à l’histoire moderne, aux tentatives récentes de réparer des injustices se perpétuant depuis plus de 250 ans. J’ai lu des biographies, j’ai lu sur la révolution tranquille, sur la fondation du Parti Québécois, sur les référendums, sur les politiciens modernes et je suis officiellement devenue souverainiste. Un ou deux ans plus tard, j’ai décidé de commencer à militer pendant une campagne électorale et depuis, je n’ai pas arrêté. Parce que j’y crois.

Le 15 Février 1839 a été l’élément déclencheur qui m’a poussé à chercher plus loin, à me poser plus de questions et oui, à avancer. Je pense pouvoir affirmer que, dans mon cas, Falardeau aura réussi.

Aujourd’hui, je prends simplement un moment pour rendre hommage au cinéaste, mais aussi à l’homme. Le Québec perd une des trop rares personnalités publiques n’ayant jamais eu peur de son image, ou du moins, de l’impact de ses idées ou des ses convictions sur son image. «On va toujours trop loin pour les gens qui vont nulle part.» Je pense qu’on puisse dire que l’ensemble de l’œuvre de Falardeau transmet un besoin pressant d’éveiller chez les Québécois un désir de liberté aussi ardent que celui qui l’habitait. L’apport de Pierre Falardeau à un mouvement souverainiste trop souvent hésitant est non négligeable. Il n’a jamais perdu de vue son objectif ultime : le pays du Québec.

Qu'est-ce que t'en penses?

Heille, L'avenir du peuple

Heille,

L'avenir du peuple québécois, c'est au Canada !

Très beau témoignage. Moi,

Très beau témoignage.

Moi, c'est en lisant le livre « Québec libre! » avec des entrevues de Pierre Falardeau que j'ai voulu aller de l'avant dans mon militantisme...

Merci M. Falardeau :)

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