Le blogue du CNJPQ
Les règles sont le reflet de nos valeurs
Des fois, on peut se demander ce que le gouvernement peut bien avoir en tête lorsqu’il prend des décisions. Le cas de Jean Charest ne fait certes pas exception à la règle.
Si tout va pour le mieux – ou le pire, selon moi – nous aurons bientôt ratifié l’Accord sur le commerce intérieur ou l’ACI. Pour ceux qui ne le savent pas, ce traité parle de faciliter les échanges commerciaux entre diverses provinces, notamment en permettant que l’appellation de certains produits alimentaires ne soit pas régie par le lieu où il sera vendu. Autrement dit, les producteurs d’ici qui ont des règles bien précises à suivre pour pouvoir nommer certains aliments par un nom particulier pourraient se voir pris en compétition avec des produits qui ne remplissent pas ces critères mais qui peuvent porter le même nom en raison des règles de production d’ailleurs. On envisagerait même de pouvoir éliminer l’étiquetage des produits bios en raison au nom de la « liberté du commerce ».
Cette approche est non seulement un rejet du droit à la société québécoise de défendre ses valeurs, mais elle est également un non-sens en soi. Ceci reviendrait à accepter la présence de produits toxiques dans ce que nous achetons qui viennent de pays où ces dits produits ne sont pas réglementés. Personne ici n’accepterait d’avoir de la peinture au plomb sur un jouet pour bébés, alors pourquoi accepterions-nous une nourriture qui ne correspond pas aux critères que nous nous fixons ? Pour combler le tout, ceci constitue une menace pour des emplois dans notre Belle Province, des emplois qui sont d’ailleurs précieux dans une époque où nous sommes dans une économie qui est toujours sur le respirateur artificiel.
La raison même d’être d’appellations contrôlées et de règlementations sur les nomenclatures est justement pour que le peuple qui les déclare puisse avoir une façon de vivre selon des valeurs qui lui sont propres. Nous avons ainsi un contrôle sur nos vies et notre façon de grandir dans un environnement qui nous convient. En reniant ce principe même qui est un des fondements d’un système comme le nôtre, et particulièrement en ce qui a trait à notre alimentation et aux biens que nous utilisons, on se met à la merci du type d’échange économique où le seul facteur est de produire à moindre coût. Nous n’aurons peut-être pas du lait contaminé à la mélamine comme ce fut le cas en Chine, mais ce genre de terrain glissant est très favorisé dans un système où les lois et les idéaux des populations n’ont plus aucune emprise dans le vrai monde.
Et pour ceux qui nous brandissent le concept de la « liberté de commerce » et de la vision démoniaque du protectionnisme, il est bon de se rappeler que dans toute société évoluée, le citoyen n’est pas au service de l’économie, mais bien le contraire. Les lois que l’on impose constituent un rempart pour nous protéger et pour faire en sorte que nos besoins, souhaits et valeurs soient considérés dans toute décision économique. Le fait de pouvoir exploiter, transformer ou vendre une quelconque ressource ou un quelconque produit est pour l’entreprise un privilège et non un droit, et à ce titre, celle-ci doit le faire à l’intérieur des paramètres établis par les citoyens vivant autour d’elle. Il existe une obligation morale – qui est souvent traduite en loi – de faire des affaires d’une façon qui bénéficie à tous les individus qui sont concernés. Le gouvernement Charest nous montre encore une fois que l’impératif économique est encore et toujours à l’avant-scène de ses priorités, même si cela risque d’aller à l’encontre de l’intérêt des Québécois qu’il dit protéger.
Le seul développement des affaires n’a jamais été porteur de bien-être ; il a souvent causé de grands torts. C’est en ayant une réglementation stricte et bien appliquée que nous pourrons faire avancer la cause québécoise dans la bonne direction. L’ACI est une grave atteinte à nos droits d’exiger des conditions minimales dans lesquelles nous désirons vivre, c’est-à-dire dans un environnement sécuritaire avec des valeurs qui nous représentent fièrement. Il nous faut refuser cet accord pour préserver notre droit à l’autodétermination et exiger le respect de nos exigences tout comme nous devrions le faire si nous étions ceux qui faisaient affaire ailleurs. Le vieil adage ne dit-il donc pas « À Rome, fais comme les Romains » ?



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Bon texte mon cher
Bon texte mon cher. Je n'étais même pas au courant de cet accord...Comme quoi le diable se cache dans les détails!
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