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Loi 95 : haro sur la notion de performance

Québec, le 24 août 2010 - Dans le cadre des audiences de la loi 95 qui ont débuté lundi, le Comité national des jeunes du Parti Québécois (CNJPQ) tient à rappeler que, malgré que la reddition de comptes que permet l’exercice soit nécessaire afin de relever des manquements graves comme ceux ayant eu lieu dans les dernières années, les audiences entourant la loi 95 comportent de grandes lacunes. Le CNJPQ salue le fait que soient publiés les états financiers de ces institutions : il suggère même que cet exercice se fasse de façon plus fréquente qu’aux trois ans et que soient invités à présenter des mémoires d’autres membres qui constituent ces institutions, comme les étudiants et le corps professoral. Cependant, pour le CNJPQ, la notion de performance des universités prévue à la loi exacerbe le sous-financement chronique des universités et en fait payer le prix à une classe particulière d’étudiants.

Selon le président du CNJPQ, Alexandre Thériault-Marois, « La crainte des déficits et la menace de la tutelle qui plane constamment au-dessus de certaines universités est souvent à la source de choix difficiles ». Alors que d’un côté, certains programmes et leurs chaires de recherche associées sont plus facilement financés par le domaine privé, d’autres attirent peu ou pas d’investissements. Ces programmes, moins rentables pour les universités, sont malheureusement souvent mis au ballotage. Au surplus, les étudiants de ces programmes déjà vulnérables ont autre chose à craindre que la disparition de leur domaine d’étude : « En dégelant les frais de scolarité pour pallier au manque de financement public des universités, on ajoute un poids supplémentaire sur les épaules de ces étudiants qui, au sortir de leurs études, ont souvent déjà des conditions salariales plus précaires » explique Alexandre Thériault-Marois.

Performance : compétition malsaine entre les universités

Avec une telle volonté que les universités soient à tout prix performantes, le président du CNJPQ s’inquiète que l’université s’éloigne de sa mission de formation et d’enseignement pour devenir davantage une forme d’entreprise en compétition avec les autres universités. Le cas de l’apparition de nouveaux campus satellites et des dédoublements d’offres de programmes dans un même lieu en est un exemple. « Cette situation, plutôt que d’être tributaire d’une pénurie de places dans différents programmes résulte plutôt d’une volonté d’attirer davantage "d’étudiants-clients" dans des domaines d’étude rentables » conclue Alexandre Thériault-Marois. Pour le CNJPQ, saine gestion et réinvestissement vont de pair, sans commander un contrat de performance qui ne fait que désengager l’État de l’éducation, qui est pourtant une priorité sociétale.